Diplocaulus

 

MUSEE D'HISTOIRE NATURELLE & VIVARIUM

Diplocaulus

Présenté par : Christophe Remy, conservateur du Musée d’Histoire naturelle et Vivarium
 

Diplocaulus sp.

Edward Drinker Cope, 1877

Formation : Whitehorse Group

Age : Guadalupien, Permien moyen (-272 à -260 million d’années)

Origine : Amérique du Nord.

©Nathalie Amand

Spécimen acquis par la Fédération Wallonie-Bruxelles dans le cadre de l’édition 2016 de l’appel aux musées reconnus ou conventionnés pour l’acquisition d’oeuvres d’art et d’objets de collection et mis en dépôt au Musée d’Histoire naturelle et Vivarium de Tournai.

Le Diplocaulus (dont le nom signifie littéralement « double coiffe »), est un genre éteint d’amphibien à l’allure de salamandre ayant vécu au Permien. Pouvant atteindre une longueur d’un mètre, il fréquentait les milieux d’eau douce et, comme l’indique sa dentition, se nourris­sait probablement d’insectes, de poissons ou d’autres amphibiens.

©Nathalie Amand

Sa caractéristique la plus flagrante est avant tout marquée par sa tête dont la morphologie en forme de boomerang intrigue les scientifiques depuis le 19e siècle, époque de la découverte des premiers spécimens.

Parmi les hypothèses les plus répandues dans la littérature scien­tifique, peuvent être citées :

• Fonction d’hydrofoil : dans un milieu d’eau courante, cette morphologie crânienne aurait pu aider l’animal à plonger ou remonter rapidement dans la colonne d’eau en s’appuyant sur le courant d’eau.

• Fonction défensive : la largeur importante du crâne aurait pu gêner voir empêcher ses prédateurs (comme l’Eryops) de l’avaler.

• Fonction de camouflage : De rares traces fossiles tendent à montrer que les extrémités de sa tête étaient reliées au corps par des rabats de peau, ce qui aurait pu permettre de dissimuler très facilement l’animal posé à l’affût sur le fond.

Les fossiles de Diplocaulus sp. sont rares et, généralement, seuls les crânes sont conservés. Ce spécimen, complet à près de 98 %, a été découvert en 2014 dans les dépôts d’âge Guadalupien du comté de Baylor au Texas (U.S.A.). Il provient des couches rouges (« Red Beds ») de la Formation du « Whitehorse Group », datées du Permien moyen (-272 à -260 million d’années) et constituées principalement de bancs de grès feldspathique, de shale et de siltite. Les conditions de dépôt de ces roches témoignent d’un environnement de type fluviatile. 

Nathalie Amand

La préparation du fossile a été réalisée par Mr David Wolf, préparateur en chef du Musée des sciences naturelles de Houston (U.S.A.) et a duré presque un an. Elle a consisté à dégager minutieusement de sa gangue chaque os du squelette puis à remonter celui-ci en connexion anatomique.

La rareté de ce spécimen ainsi que les qualités exceptionnelles de sa conservation et de sa préparation en font une pièce unique.

Collection de la Fédération Wallonie-Bruxelles/Communauté française de Belgique, APC 27301, dépôt au Musée d’Histoire naturelle de Tournai

Plus d'infos sur le Musée d'Histoire naturelle et Vivarium à Tournai. 

©Nathalie Amand
©Nathalie Amand
©Nathalie Amand

Ce contenu vous a-t-il plu ?

Merci d’avoir cliqué !

9 utilisateurs ont aimé ce contenu Cliquez sur le cœur pour aimer ce contenu